Créer un blog Présentation

Nom du blog :
unehistoiredemots
Description du blog :
un endroits pour laisser courrir les mots, car ils respirent, vivent, rient pleurent et meurent....
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
02.08.2007
Dernière mise à jour :
05.08.2007
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· pour débuter (1)
· textes orphelins (2)

Navigation

Accueil
Livre d'or unehistoiredemots
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· la dernière pensée
· Juliette
· parce qu'il faut un début

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires

noirceur
27.10.2007
On veut....
27.08.2007
RSS

Autres blogs à visiter :

· parolimage
· bloghardi
· lescritiqueslitterairesdequentinclement
· histoirescourtes
· histoires
· cahierscotentin
· arcaneslyriques
· diddlneo
· classebacasable
· diluc



la dernière pensée

la dernière pensée

Posté le 05.08.2007 par laura
Son regard s’accrocha à la pendule. Midi. Dans une heure ce serait la fin. Sa dernière heure. Il ne se sentait pas plus terrifié qu’impatient. Pas qu’il attendait cette heure, mais ne voulait pas non plus la reculer. Juste la dernière. Cela lui allait très bien, une heure. Soixante minutes, trois mille six cent secondes, pour lui, à lui. Il la possédait cette heure, comme jamais rien auparavant n’avait pu lui appartenir. Caressant des yeux les barreaux, les uns après les autres, les murs gris, le néon au plafond, la banquette au mur, le sol, la chaise en plastique, la couverture, un dernier aperçu de ces dernières années. Sa façon de dire adieu à cet endroit, il n’y était pas attaché, il n’avait jamais été attaché à rien, pas même à ce chien, un bâtard trouvé sur la route, et qu’il l’avait suivit pendant plus de six années. Il avait cru qu’il lui manquerait, mais comme lui, ce clébard n’avait pas d’attaches, peut être avait-il simplement trouvé son égal humain. Quand on était venu le chercher, le clebs avait échangé un dernier regard avec lui, puis s’en était allé. Il avait compris, pas de grandes effusions, c’était tellement mieux ainsi. Ils avaient voyagé pendant un moment ensemble, et s’étaient séparés, comme deux bons amis qui n’ont besoin de rien d’autre. Il ne lui avait même pas donné de nom, c’était simplement le chien qui avait un jour croisé sa route.

Et cette dernière femme qu’il avait prise. Une vielle prostituée, qui avait un goût d’usé, pas désagréable, pas dérangeant. Elle n’était plus belle, mais sa voix rocailleuse, enrouée, abîmée par la vie, avait eu sur lui un effet envoûtant. Comme son regard terne, ses paupières trop maquillées, ses lèvres gercées. Ces doigt jaunis par le tabac et son ongles sales qui avaient raclés sans ménagement son dos, lui avait fait plus d’effet qu’aurait eu des cuisses d’albâtre sur d’autres hommes. Il l’avait aimé le temps de la pénétration, quand il la pilonnait de puissants coups de reins, et qu’il sentait son souffle humide et imbibé d’alcool contre sa nuque. Elle avait refusé son argent, disant qu’elle offrait la partie aux condamnés. Il ne lui avait pas dit, mais cette vielle qui avait dû voir défiler routiers, voyous, et gangsters des bacs à sable avait la connaissance de l’âme humaine commune aux personnes de sa race.

Sortant un paquet souple de Marlboro de sa poche, l’envie d’une cigarette lui piquait doucement et délicieusement le palet. Lorsque notre corps réclame ce qu’il sait qu’il va posséder dans peu de temps. Ce frisson, entre impatience et plaisir, qui parcourt doucement la colonne vertébrale. Humectant le filtre de ses lèvres, il prit en main le petit briquet bleu, appréciant la première bouffée. Quand la chaleur de l’effluve du tabac s’écrase contre la langue et les dents. A cet instant, alors que la fumée franchissait à nouveau la barrière de sa bouche, il l’aurait aimé savoir faire des ronds. L’idée lui traversait seulement maintenant l’esprit, sur cette dernière cigarette. Peut être que fumer lui manquerait, ce petit plaisir interdit et destructeur. Il écrasa la cigarette finie sur le sol.

S’allongeant sur le dos, les mains derrière le crâne, il se disait qu’une petite sieste serait bien. Ce serait des plus idiots de ne pas être en forme pour sa propre mort. Mort par poison, il était presque temps. La peine capitale avait été prononcée contre lui, il y a cinq ans. Cinq années de les couloirs de la mort, il en avait vu défiler des comme lui, quelques uns… Jeff, passa dans le couloir. Il l’aimait bien Jeff, un des gardiens, de temps en temps il discutait avec lui, il n’essayait pas de le faire se sentir mieux ou au contraire moins bien. Il était juste là parfois. Mais aujourd’hui, il était plus occupé à préparer la salle qui verrait sa mort. C’était mieux ainsi, il n’avait pas envie de parler. Certains dirait qui faut laisser les gens de son espèce face à leur conscience, leur remords, leur culpabilité, lui pensait simplement qu’il voulait être seul avec son temps. Un face à face avec sa dernière heure.

Il avait du s’endormir car Jeff lui secoua l’épaule. En silence il se leva. Aucun des prisonniers ne souffla mots quand il passa. Il arriva dans la salle, on le sangla au siège, on lui piqua le bras. Et on le laissa. Il avait fait cette requête il y a quelques jours. Mourir seul, pas par fierté, ou par peur, juste pour apprécier pleinement la sensation de faiblesse qui court en soi, fermer les yeux, ne plus penser, ressentir une dernière fraction de seconde. Il s’était toujours demandé qu’elle serait la dernière pensée qu’il aurait. La réponse lui vint comme un éclair :

« Merde, j’ai envie de pisser ! »



--


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre commentaire : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

:: Les commentaires des internautes

On veut....
Posté par macath le 27.08.2007
la suite siouplaît ;-)

Http://www.alasaintglinglin.fr

noirceur
Posté par phinoupaon le 27.10.2007
C'est pas mal écrit, seulement très noir et avec beaucoup de questions en suspens, tu aurais intérêt à en faire une nouvelle, avec un moment pour dire comment ce mec en est arrivé là.
Lien vers mon blog


Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus